Funérailles écologiques : les coopératives à l’avant-garde

En 40 ans d’existence, la Coopérative funéraire de l’Outaouais (CFO) a accompagné des générations de membres au rythme de leurs préoccupations, y compris celle, de plus en plus primordiale, d’agir dans le respect de l’environnement. De fait, en milieu funéraire, les coopératives québécoises ont fait œuvre de pionniers en cette matière depuis plus d’une décennie avec la mise en œuvre de politiques de développement durable.

« Nous faisons beaucoup d’efforts pour minimiser l’empreinte environnementale de nos activités, et aussi pour répondre à une demande croissante de funérailles plus écologiques », affirme Guylaine Beaulieu, directrice générale de la CFO. « Nous sommes présentement à développer un forfait funéraire écologique » qui englobe toute l’activité entourant la préparation du défunt ainsi que l’accueil des familles et proches aux salons funéraires.

« Par exemple, poursuit-elle, tous les produits de nettoyage au salon sont maintenant biodégradables. Nous pouvons aussi offrir une thanatopraxie écologique en remplaçant les produits chimiques. Nous offrons des cercueils écologiques, des urnes contenant une tige qui deviendra un arbre, des pochettes biodégradables pour les cendres. Nous transformons aussi certains outils, comme les porte-documents, pour remplacer les plastiques par des matières recyclables. »

« Dans le cercueil écologique il n’y a aucun clou, aucun métal, aucune colle. Les pentures et poignées sont en bois et le cercueil lui-même est fait de bambou sans vernis. Les tissus utilisés à l’intérieur sont faits de coton et de lin biodégradables. Quand ils le voient, les gens trouvent ce cercueil très beau et si on leur dit que c’est écologique, cela devient une valeur ajoutée », explique Nadine Filiatreault, directrice adjointe Laboratoire à la CFO et responsable de l’achat des cercueils et urnes.

Par ailleurs, pour compenser complètement l’impact de toutes ses activités qui émettent des gaz à effet de serre, la CFO contribue à la plantation d'un nombre suffisant d’arbres pour couvrir à 100 % son empreinte écologique, telle que déterminée par des experts des Hautes études commerciales (HEC), à Montréal. «À cet égard, nous travaillons avec deux coopératives forestières, l’une au Saguenay et l’autre au Guatemala », explique Mme Beaulieu.

Depuis le début de cette initiative en 2008, plus de 100 000 arbres ont été plantés au Québec et au Guatemala par les membres de la Fédération des coopératives funéraires du Québec (FCFQ) dont la CFO fait partie pour compenser les gaz à effet de serre et honorer la mémoire de défunts.

Sur le plan administratif, le conseil d’administration n’utilise plus de papier. La coopérative a équipé les membres du conseil de tablettes iPad, et de logiciels qui leur permettent de fonctionner en réseau, sans papier.

« C’est clair qu’il nous reste encore beaucoup d’efforts à mettre là-dessus. Notre comité de développement durable s’assure que la politique environnementale soit en place et respectée, mais on a aussi un plan de travail pour l’avenir », conclut Mme Beaulieu, ajoutant que la coopérative fait partie, en collaboration avec la ville de Gatineau, d’un projet pour le compostage commercial des restes d’aliments apportés par les nombreux traiteurs qui desservent les salons de la coopérative funéraire.