Des célébrations à l’image de la vie du défunt

De plus en plus, quand elles sont confrontées au décès d’un proche, les familles souhaitent une cérémonie funéraire qui célèbre la vie du défunt, un rituel qui soit davantage un reflet de ce que cette personne a vécu, de l’héritage qu’elle a légué. On veut y ressentir cette touche personnelle qui donne de l’authenticité à l’expérience du dernier adieu.

La Coopérative funéraire de l’Outaouais s’est épanouie dans une société en changement profond au cours des 40 dernières années. Si, jadis, les gens acceptaient une prise en charge religieuse des funérailles sur lesquelles ils avaient peu de contrôle, ils arrivent aujourd’hui avec des espoirs et des exigences auxquels les organisations funéraires doivent s’adapter, qu’elles doivent embrasser même.

Les dirigeants de la coopérative funéraire en sont conscients, et ce, depuis longtemps. « Notre approche est d’accompagner les familles et dans cet accompagnement, nous voulons respecter les différentes croyances. C’est pourquoi nous insistons sur l’importance, pour la famille, de participer à l’organisation du rituel, des funérailles. Nous pouvons ainsi les accompagner de manière à souligner la vie que ces personnes ont vécue », explique Guylaine Beaulieu, directrice générale de la CFO.

Comment, alors, personnaliser des funérailles ou des célébrations de vie ? Les célébrants vont passer du temps avec la famille pour mieux connaître la personne décédée. Dans cet accompagnement, le célébrant demandera par exemple : vous, vous pouvez jouer quel rôle dans les funérailles ? Qu’est-ce que vous aimeriez faire ? Votre père, votre mère aimait quoi ?

Au départ, explique le célébrant René Ouellet, « je propose trois types de célébration à la mémoire du défunt : un service complètement laïc, une célébration laïque avec la récitation du Notre-Père, ou une cérémonie religieuse de la parole avec prières et chants appropriés. Mais la famille peut modifier les arrangements funéraires selon ses préférences. Nous sommes d’abord accompagnateurs, nous sommes là pour la famille », ajoute M. Ouellet.

Le célébrant facilitera certaines touches personnelles qui, en plus de dire adieu au défunt, « feront du bien » à sa famille et ses proches. Utiliser une table fabriquée par le défunt pour y déposer l’urne, par exemple. Ou décorer la table de l’urne d’un enfant de trois ans avec des objets de sa chambre à coucher (doudou, poupées, souliers de ballerine). Ou permettre à une professeure de danse, qui voulait entendre « La dernière valse » aux funérailles de son époux, de danser avec un proche durant la célébration. « C’était le plus beau cadeau que j’aurais pu lui faire », précise M. Ouellet.

Il n’est pas nécessaire, cependant, d’attendre un décès pour préparer la célébration. Par exemple, il est possible d’indiquer ses dernières volontés dans un document annexé aux pré-arrangements funéraires.

Cette personnalisation peut même s’étendre à la réception après les funérailles, poursuit Mme Beaulieu. « Une personne nous dira : mon père a toujours aimé la soupe… pour nous c’est clair, quand mon père va décéder, on va servir une soupe à sa mémoire… Il aimait le sucre à la crème ? Alors il y aura des petits morceaux de sucre à la crème. On va faire des choses qui vont parler de qui est cet homme et les gens apprendront ainsi à mieux connaître la personne décédée. »

Lors de la cérémonie funéraire d’un jeune homme décédé dans un accident de moto, on a exposé aussi sa motocyclette et tout son équipement dans un couloir de la maison funéraire de la coopérative sur le boulevard de la Vérendrye, à Gatineau. « Nous avions cette possibilité-là, explique Mme Beaulieu, et la famille y tenait. »

« Chez nous, face à la personne qui se présente, nous n’avons qu’un seul objectif. C’est de lui offrir des services personnalisés, à la hauteur de ses besoins et de ses attentes, et il n’y a jamais de motivation à mettre de la pression, ni dans l’inventaire ni dans la qualité des produits qu’on peut lui offrir », conclut Dan Gay, président du conseil d’administration de la CFO.