Le conseil d’administration, neuf bénévoles au service des membres

Les membres du tout premier conseil d’administration de la Coopérative funéraire de l’Outaouais (CFO), élus le 19 décembre 1979, devaient s’attendre à tout. Un jour, ils pouvaient avoir à peindre des murs ou poser du tapis, le lendemain porter un cercueil, rencontrer une famille, vendre des cartes de membre, conduire un corbillard, sans compter les nombreuses réunions. Ce fut l’époque héroïque, où un bénévolat généralisé devait cimenter les bases d’un projet fort ambitieux.

En 2019, la Coopérative est administrée par un personnel permanent et salarié, mais il reste une instance où le bénévolat reste de mise : le conseil d’administration. « Les neuf membres du conseil sont tous des bénévoles, issus de notre communauté, avec des expertises et une expérience variées, élus démocratiquement à l’assemblée générale annuelle », insiste Dan Gay, président du conseil d’administration de la CFO.

Le conseil sert d’intermédiaire entre les près de 24 000 membres de la coopérative et l’équipe administrative sous la gouverne de la directrice générale Guylaine Beaulieu. Et cette relation a évolué en 40 ans, avec la croissance fulgurante de la CFO et sa dominance du marché funéraire outaouais. « Aujourd’hui, comme gestionnaires au niveau de gouvernance, notre rôle est de donner des directions générales et d’obtenir les rapports prouvant que le travail a été fait, et bien fait », précise M. Gay.

« Quand on arrive à ce stade de l’évolution d’une grande coopérative, il se développe une professionnalisation des relations. Nous recherchons pour le conseil toutes les compétences requises, et nous encourageons la venue de gens pouvant renforcer le conseil ou s’assurer de minimiser les dangers de succession. Cela se fait de manière ouverte et transparente », explique Alain Roy, trésorier du conseil de la CFO.

Heureusement, la coopérative funéraire ne rencontre pas trop de difficultés de recrutement pour son conseil d’administration. Le succès et la solidité de la CFO en ont fait une organisation prestigieuse en Outaouais. « Il y a indéniablement un attrait, une fierté de siéger à notre conseil d’administration », reconnaît Dan Gay, mais les tâches sont telles qu’il est plus ardu de recruter de jeunes compétences qui doivent jongler tant bien que mal avec les exigences d’une vie professionnelle et d’une famille.  

Les membres du conseil ont aussi accès aux sondages de satisfaction réalisés auprès de familles et d’individus. Même si le conseil d’administration n’a pas de relations directes avec les membres de la coopérative, ces rapports « donnent une bonne idée de ce qui se passe réellement. Nous avons ainsi tous les outils nécessaires incluant les tableaux de bord de performance, pour pouvoir s’assurer que les clients sont bien servis. J’estime que nous avons de bons gestionnaires au conseil et on ne veut pas uniquement se faire dire que tout est beau et rose. On veut entendre parler des problèmes aussi et nous avons une directrice générale qui nous informe des vraies affaires », dit M. Gay.

Les bénévoles de la première heure

Rappelons que sans les bénévoles de la première heure, il n’y aurait jamais eu de coopérative funéraire en Outaouais. Ils ont vendu des cartes de membres, rénové des locaux, fabriqué des meubles, porté des cercueils, sollicité des fonds et bien plus. À l’ouverture du premier salon de la coopérative, au 11 Ste-Bernadette dans le secteur Hull, en 1981, l’entreprise tout entière était portée par une solide équipe de bénévoles.

Cette époque héroïque ne dura que quelques années, jusqu’à ce que la coopérative funéraire se donne une administration professionnelle, permanente et rémunérée. « Nous savions dès le départ que ce bénévolat était temporaire, se souvient Luc Bouvier, membre fondateur et premier trésorier de la CFO. Ce n’était pas du tout notre ambition de fonctionner très longtemps avec des bénévoles. » Les membres des premiers conseils d’administration, cependant, ont « fait un peu de tout », des tâches de bureau aux funérailles.

Aujourd’hui, après 40 années de croissance, occupant depuis longtemps une position dominante dans le marché des services funéraires en Outaouais, la coopérative est devenue une entreprise importante avec un personnel cadre et syndiqué, à la fine pointe des techniques modernes de gestion.

Si le bénévolat existe toujours, il s’incarne essentiellement dans l’équipe du conseil d’administration, dont les neuf membres élus par l’assemblée générale annuelle se dévouent sans rémunération aucune. « C’est entièrement bénévole, ils ne reçoivent aucune allocation, on ne paie même pas les déplacements », confirme Guylaine Beaulieu, directrice générale de la coopérative funéraire.