L’avenir des infrastructures funéraires dans une société en mutation

Depuis la fondation de la Coppérative funéraire de l’Outaouais (CFO) il y a 40 ans, la fonction des salons funéraires a bien changé, et au rythme des changements sociaux, les transformations sont loin d’être terminées. Jadis réservés à l’exposition du corps d’une personne décédée, les salons ont dû modifier leur décor et ajouter aux lieux d’exposition des salles cérémoniales, des salles de réception, des salles de repos ainsi que des columbariums pour les urnes. Seuls les anciens fumoirs ont disparu, et ne reviendront jamais.

Le nombre croissant de personnes qui s’éloignent des funérailles à l’église a intensifié les besoins d’espace des maisons funéraires, surtout en fin de semaine. « Les gens sont occupés, ils travaillent et veulent de moins en moins avoir des services funéraires en semaine. Nous pouvons avoir jusqu’à 20 funérailles simultanées en fin de semaine. C’est un énorme défi en termes d’infrastructures, mais aussi en équipement et en personnel. Il nous faut 20 voitures, et des équipes de travail énormes », constate Guylaine Beaulieu, directrice générale de la coopérative.

Par ailleurs, les gens ne veulent plus, dans la mesure du possible, se sentir dans un environnement mortuaire, même au salon funéraire. Ils préfèrent des environnements à aires ouvertes, avec beaucoup de lumière. Les salons plus modernes, comme ceux de la coopérative à Gatineau, Hull, Thurso et Saint-André-Avellin, en témoignent. Mme Beaulieu estime que ce dernier, en particulier, « c’est le décor futur des maisons funéraires ». Dan Gay, président du conseil d’administration de la CFO, est d’accord : « À Saint-André, quand on entre au salon, on n’a pas l’impression de venir enterrer quelqu’un, mais plutôt de célébrer la vie de quelqu’un. »

Entre une sous-utilisation des infrastructures la semaine et l’engorgement en weekend, entre la diversification des rituels funéraires et l’abandon, par plusieurs, de tout rituel au-delà d’une remise des cendres, faisant face à une croissance appréciable du nombre de décès au cours des prochaines décennies à mesure que la société vieillit (33 % de plus en Outaouais d’ici 15 ans), la coopérative funéraire a dû passer beaucoup de temps à plancher sur ses infrastructures.

« Notre défi, croit Mme Beaulieu, c’est de savoir comment on continue avec les infrastructures dont on s’est dotées, parce que dans les six dernières années on est juste là-dedans, vendre des vieux édifices, reconstruire pour améliorer les lieux, parce qu’on veut s’assurer que les gens soient bien accueillis chez nous. Nous allons lancer très bientôt un nouveau projet de construction sur le boulevard Maloney Est, secteur Gatineau. Nous allons démolir et reconstruire. Les plans sont très avancés, et nous le faisons parce qu’on pense que les gens n’abandonneront pas totalement les rituels. »

À l’instar des complexes funéraires de Hull et du boulevard La Vérendrye, on peut s’attendre, pour le nouvel édifice du boulevard Maloney, à une architecture novatrice qui s’éloigne nettement des maisons funéraires traditionnelles.