Mourir à domicile : un choix de fin de vie

Le verdict est tombé et il est sans appel. Il ne vous reste qu'un an à vivre. Dix-huit mois au mieux.

Après avoir encaissé le choc de la nouvelle, vous devez faire un choix : mourir dans un établissement de santé ou à la maison ? Opter pour l'assurance d'être entouré d'un personnel médical ou de vos proches ? Vivre vos derniers mois dans une chambre où vous n'êtes que de passage ou à travers les objets qui vous sont familiers ?

De plus en plus de gens décident de demeurer chez eux pendant cette ultime étape de leur vie. Dans une entrevue accordée à la Revue Notre-Dame en janvier 1997, le docteur Louis Dionne estime que trois facteurs favorisent cette nouvelle réalité. Il cite d'abord la volonté des malades eux-mêmes qui désirent, selon lui, mourir dans leur milieu naturel dans une proportion de 90 pour cent. Ensuite, il souligne le nombre croissant de groupes qui œuvrent dans l'accompagnement de mourants. Finalement, il remarque une tendance très forte des jeunes médecins à compléter leur formation en médecine de famille, ce qui les rend plus disponibles pour effectuer des visites à domicile.

Précurseur au Québec dans les soins palliatifs, à titre de fondateur et de directeur général de la Maison Michel-Sarrazin, à Québec, Dr Dionne note que la personne qui choisit de mourir chez elle doit d'abord pouvoir compter sur un réseau qui saura apporter le support dont elle aura besoin pour lui assurer une certaine sérénité. En premier lieu, il y a les proches. À l'approche de la mort, il est tout naturel de vouloir tracer un bilan de son existence. Dans la famille, le malade peut plus facilement parler à son conjoint, à ses enfants, leur dire qu'il les aime, se faire dire qu'il est aimé. On peut revenir sur certains petits problèmes . " L'expérience vécue par les familles leur fait comprendre que la fin de la vie est une étape importante de la vie. Et quand cela se passe bien, la vie est plus facile ensuite pour les survivants. Parce qu'ils ont donné le meilleur d'eux-mêmes ", reprend-il.

Mais on ne peut exiger des proches qu'ils veillent sur tout. Ceux-ci doivent d'ailleurs éviter de trop en assumer sur leurs épaules. " Car s'il est difficile de mourir, il est aussi difficile de voir mourir et d'accompagner celui qui meurt ", note-t-il. D'où l'importance de bien s'entourer. Les CLSC sauront renseigner les gens sur les ressources qui peuvent être mises à leur disposition dans ces circonstances. Dans la plupart des milieux, on retrouve des organismes bénévoles qui peuvent apporter une aide précieuse, que ce soit pour le support moral ou simplement pour donner un coup de main aux tâches ménagères. Côté médical, les soins à domicile sont plus accessibles que jamais. Encore là, il suffit de s'informer au CLSC.

Classé dans : La mort et les rituels funéraires Publié par : Fédération des coopératives funéraires du Québec

Commentaires (2)

Cet article m'interpelle fortement car je suis accompagnatrice à domicile, pour les gens qui choisissent cette option pour terminer leurs jours. C'est donc une alternative que je connais fort bien et sur laquelle il m'est possible de me prononcer.

Il est vrai qu'il existe beaucoup de bénévoles qui oeuvrent maintenant dans cette sphère d'activité et leur présence est nécessaire et précieuse. Toutefois leurs tâches concernent davantage un répit pour les proches ainsi qu'une présence pour le malade. Les soins physiques n'entrent pas dans leur mandat et le temps offert n'est que de quelques heures par semaine.

Mon métier et ma formation de préposée me permettent de pouvoir être au chevet du malade et de la famille à temps plein si nécessaire et d'effectuer tous les soins que nécessitent l'état du patient et cela jusqu'au moment du décès et même après, puisque j'effectue aussi la préparation du corps pour le salon.

Cette présence s'effectue non pas seulement pour la personne en fin de vie , mais également pour tous les proches concernés qui ont besoin de réconfort, de parler, d'être mieux préparés aux étapes qui suivront et également d'être accompagnés. C'est donc un travail fort pertinent en ces circonstances.

Malheureusement ce métier n'existe pas encore et est à définir dans le futur, car les besoins en ce sens seront de plus en plus grands. C'est pourquoi beaucoup de personnes ignorent même qu'il y a des gens comme moi, qui en ont fait un métier et qui se passionnent pour l'humain, même à cette étape de leur parcours.

Je travaille beaucoup à faire du développement pour faire connaître mon métier. Cela permettra peut-être à plus de gens d'envisager l'option du décès à domicile, sachant qu'il existe des gens d'expérience et de confiance, en mesure de les accompagner et de les soutenir à travers tout ce processus difficile.

Pour plus d'informations, il est possible soit de m'écrire à cette adresse courriel, hegir@hotmail.com ou encore de se rendre sur mon site, www.findevie.jimdo.com

J'ai également écris un livre qui est une belle source de références sur l'accompagnement et le thème de la mort et qui pourrait également vous aider. Son titre: "Le privilège d'accompagner...choisir de côtoyer la mort", aux Éditions La Plume d'Oie.

Je crois profondément que plus nous sommes outillés, mieux les choses se passeront en ces circonstances et qu'il est possible, en étant bien accompagné, de vivre ce moment avec plus de sérénité.

Peu importe vos questions, il me fera plaisir d'y répondre.

Hélène Giroux, 31 juillet 2013

J'ai suivi mon cours d'auxiliaire sociale (familiale, asss) pour faire de l'accompagnement en fin de vie et je commence mes recherches, mais par ou commencer ??? Dans mon village natal ils ont besoin de ce service, comment me mettre en route, et y a-t-il des subventions ou doit-on charger nos honoraires nous même ???

Sylvie gervais, 22 janvier 2016

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